mardi 22 avril 2008
La rupture
Je propose une réflexion sans prétention sur les petits et grands événements de la vie. Je commence par le thème de la rupture, qui est autant une porte qui se ferme qu'une autre qui s'ouvre. N'hésitez pas à me proposer des sujets. Je vais traiter celui-ci en 3 parties :
1) Humour (parce que rire, c'est prendre du recul, et avec la distance, tout est toujours moins douloureux, moins vif)
2) Philosophie (parce que la réflexion permet d'avancer dans la vie, d'apprendre sur soi-même et les autres)
3) Citation et chanson (parce que lorsque les autres le chantent ou ont mis les mots justes sur quelque chose, c'est bon de les écouter ou de se les répéter comme un mantra)
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Tout d'abord, un peu d'humour, avec les différentes façons d'annoncer à son amoureux(se) qu'on le quitte, sur Topito.com
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Puis la phase post-rupture ou comment réagir face aux épreuves de la vie avec philosophie. Un ouvrage antique, le Manuel d'Epictète, un stoïcien, nous permet de réfléchir à la question. Quelques extraits à méditer...
III
Pour tout objet qui t'attire, te sert ou te plaît,
représente-toi bien ce qu'il est, en commençant par les choses les
plus petites. Si tu aimes un pot de terre, dis-toi : « J'aime
un pot de terre. » S'il se casse, tu n'en feras pas une maladie. En serrant
dans tes bras ton enfant ou ta femme, dis-toi : « J'embrasse
un être humain. » S'ils viennent à mourir [ou à disparaître de notre vie : et oui, il faut extrapoler le discours], tu n'en seras
pas autrement bouleversé.
VIII
N'attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites ; décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux.
X
Devant tout ce qui t'arrive, pense à rentrer en toi-même et cherche quelle faculté tu possèdes pour y faire face. Tu aperçois un beau garçon, une belle fille ? Trouve en toi la tempérance. Tu souffres ? Trouve l'endurance. On t'insulte ? Trouve la patience. En t'exerçant ainsi tu ne seras plus le jouet de tes représentations.
XI
Ne dis jamais, à propos de rien, que tu l'as
perdu ; dis : « Je l'ai rendu. » Ton enfant
est mort ? Tu l'as rendu. Ta femme est morte ? Tu l'as rendue. « On
m'a pris mon champ ! » Eh bien, ton champ aussi, tu l'as rendu. « Mais
c'est un scélérat qui me l'a pris ! » Que t'importe
le moyen dont s'est servi, pour le reprendre, celui qui te l'avait donné ?
En attendant le moment de le rendre, en revanche, prends-en soin comme d'une chose
qui ne t'appartient pas, comme font les voyageurs dans une auberge.
XVI
Lorsque tu vois quelqu'un se lamenter sur son fils
parti en exil, ou parce qu'il a perdu ses biens, ne te laisse pas aller à
croire que ces événements font son malheur : ce qui cause
du chagrin à cet homme, ce n'est pas ce qui lui arrive (sinon cela ferait
le même effet à tel ou tel), mais l'opinion qu'il se fait de cet événement.
Cependant, ne refuse pas de t'associer raisonnablement à sa peine, et même,
au besoin, pleure avec lui ; prends seulement garde de ne pas pleurer
aussi en toi-même.
XXXVIII
Tout comme tu fais attention, en te promenant, à
ne pas marcher sur un clou et à ne pas te tordre la cheville, fais attention
aussi à ne pas faire de mal à ce qui dirige ton âme. En gardant
cette nécessité à l'esprit au seuil de chaque entreprise, nous
ferons plus sûrement ce que nous avons à faire.
XLIII
Toute chose a deux poignées : l'une permet de la porter, l'autre
non. Si ton frère te fait du tort, ne prends pas cela en te disant qu'il te
fait du tort (c'est le côté impossible à porter), dis-toi plutôt
que c'est ton frère, ton compagnon, tu prendras ainsi la chose du côté
où l'on peut la porter.
XLVIII
1.— Attitude et caractère de l'homme ordinaire : il n'attend rien,
en bien ou en mal, de soi-même, et tout des circonstances extérieures.
Attitude et caractère du philosophe : il attend tout, en bien comme
en mal, de soi-même.
L
Une fois que tu t'es fixé des buts, tu dois t'y tenir comme à des lois
qu'on ne peut transgresser sans impiété. Et quoi que l'on dise de toi,
n'y prête pas attention : cela ne te concerne plus.
LI
1.— Combien de temps encore vas-tu attendre pour t'estimer digne des plus grands
biens, et cesser enfin d'enfreindre la règle qui doit déterminer ta
vie ? Tu connais les principes qui doivent fonder ta réflexion ;
c'est assez réfléchi ! Quel maître attends-tu, à
présent, pour te décharger, sur lui, du soin de ton progrès
moral ? Tu n'as plus quinze ans, tu es un homme mûr. Si désormais
tu te montres négligent, si tu prends les choses à la légère,
si tu continues à échafauder projet sur projet en reculant sans cesse
le jour où tu devras enfin prendre soin de ta vie, tu ne feras aucun progrès,
et, sans t'en rendre compte, tu finiras par vivre et mourir comme un homme ordinaire.
2.— Décide donc tout de suite de vivre en adulte résolu à progresser.
Que tout ce qui te semble le meilleur te soit une loi incontournable. En présence
de quelque tâche pénible ou agréable, glorieuse ou honteuse,
dis-toi que tu dois te lancer ; que les Jeux olympiques sont ouverts ;
que tu ne peux plus tergiverser et qu'en un seul jour une seule action peut anéantir
ou confirmer ton progrès moral.
3.— C'est ainsi que se comportait Socrate qui n'écoutait, en toutes circonstances,
que la règle dictée par la raison. Pour toi — même si tu n'es
pas encore Socrate — vis au moins en t'efforçant de l'imiter.
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Et enfin, une citation bien connue, à se répéter à chaque moment de doute, de faiblesse : The show must go on ! (= Le spectacle doit continuer)
Voici des extraits de la chanson de Queen qui porte ce nom :
"The show must go on / Inside my heart is breaking / My make-up may be flaking / But my smile still stays on / Whatever happens I'll leave it all to chance / Another heartache another failed romance / On and on / (...) / I have to find the will to carry on / On with the / On with the show / The show must go on"
Traduction pour les non-anglophones : Le spectacle doit continuer / Mon cœur se brise à l'intérieur / Mon maquillage s'effrite / Mais je continue à sourire / Quoi qu'il arrive, je m'en remets à la chance / Une autre douleur, une autre histoire qui se termine / Encore et encore / (...) / Je dois trouver la volonté de continuer / Continuer / Continuer le spectacle / Le spectacle doit continuer
Dans tous les cas, une seule chose à faire : affronter. Car comme le dit un proverbe africain : Le crapaud est allé s'abriter de la pluie dans l'eau, ce qui signifie qu'en évitant de régler un petit problème en cédant à la facilité, on risque de faire face à un autre bien plus important. (Merci MS ! ;)
Ceci n'est bien évidemment que pure théorie. Reste la pratique...
